Deux officiers sapeurs-pompiers ont quitté la Côte-d'Or hier, à destination de l'île de la Réunion. Mission : coordonner l'action des commandos de démoustication, pour combattre l'épidémie du virus Chikungunya.
«Comment mettre des mots sur les raisons pour lesquelles nous portons cette tenue ! Je pars pour faire mon métier, pour exercer ma passion, pour vivre une expérience supplémentaire dans mon métier d'officier sapeur-pompier professionnel, sur un chantier hors métropole avec des moyens nationaux. » Hier après-midi, Christophe Peyre, 27 ans, lieutenant affecté au centre de secours principal de Beaune s'apprêtait à quitter la Côte-d'Or, aux côtés du major Joël Robin, 50 ans, appartenant aux effectifs du centre de secours principal Dijon-Transvaal. « J'ai appris que je partais le 11 février, le jour de mon anniversaire ! »
Les officiers subalternes, tous deux rodés aux renforts des feux de forêts dans le sud-ouest, ont répondu il y a 15 jours à un sondage sollicitant des volontaires pour participer à une action d'un mois, sur l'île de la Réunion ; s'agissant de l'engagement d'un détachement de la Zone Est, dans une mission de lutte contre le virus Chikungunya.
Une épidémie exponentielle
« L'épidémie de Chikungunya qui sévit à La Réunion est en phase de croissance exponentielle ! », soulignait hier le commandant Romain Moutard, chef du groupement territorial centre à Dijon, avant le départ des deux hommes, depuis la caserne du Transvaal. « Actuellement, 30 000 personnes touchées sont recensées ; et l'on dénombre 5 000 nouveaux cas par semaine ! »
Après plusieurs réunions interministérielles, et des décisions gouvernementales, à l'issue du déplacement du ministre de la Santé et des Solidarités sur l'île de la Réunion, il a été décidé de déployer un dispositif de coordination à l'échelle de la préfecture, des quatre sous-préfectures, et des communes concernées par l'épidémie. « Il y a 2 semaines, le Premier ministre a chargé le ministère de l'Intérieur, dont dépend la Direction de la défense et de la sécurité civiles, de monter une mission de coordination. »
Les deux sapeurs-pompiers côte-d'oriens font ainsi partie d'un tout premier détachement de 70 cadres en provenance de la France entière, dont 65 sapeurs-pompiers professionnels et volontaires, et 5 hommes issus des unités militaires de la sécurité civile.
La première mission sera relevée au 15 mars, la seconde au 15 avril ; celle-ci se poursuivra jusqu'au 15 mai. « Nous avons des personnes qui se sont portées volontaires pour les 3 départs », précise le commandant Moutard.
Aujourd'hui, aux environs de 21 heures, les sapeurs-pompiers des services d'incendie et de secours de la Côte-d'Or prendront place avec leurs 5 homologues de la zone Est, dans l'avion qui les transportera depuis Orly, à quelque 9 300 kilomètres de leur foyer, là où sévit le virus Chikungunya.
Une infection avec fièvre
Transmis par une piqûre de moustique, le Chikungunya provoque une infection avec fièvre, des douleurs articulaires et musculaires des extrémités des membres (poignets, chevilles, phalanges), des maux de tête, et une éruption cutanée. Pour s'en protéger, les Côte-d'Oriens ont reçu une dotation en répulsif dont ils doivent s'enduire régulièrement. Mais ils savent, selon le conseiller médical du directeur de la défense et de la sécurité civiles, qu'aucune mesure n'est efficace à 100 %, qu'il n'existe pas de traitement actif contre ce virus, mais seulement contre les symptômes qu'il provoque ; en l'occurrence, la prise d'anti inflammatoires.
La meilleure façon de combattre le Chikungunya sera pour eux de coordonner l'action des commandos de démoustication qui, équipés de tenues de protection, devront pulvériser les zones infestées, avec des aérosols motorisés.
Nul doute que cette expérience permettra d'« obtenir des données nouvelles dans la gestion de l'exceptionnel », a commenté Romain Moutard, « tant on a du mal, depuis Dijon, à imaginer la situation sur place. Ce que l'on sait, c'est que compte tenu de l'ampleur du phénomène, il faut traiter le problème de façon organisée, car il existe de multiples foyers de contamination ! »
Deux officiers sapeurs-pompiers ont quitté la Côte-d'Or hier, à destination de l'île de la Réunion. Mission : coordonner l'action des commandos de démoustication, pour combattre l'épidémie du virus Chikungunya.
Article Bien Public 15 février 2006